On l’utilise avec le sentiment de faire un meilleur choix. Pourtant, cette alternative au sucre blanc n’est pas aussi vertueuse qu’elle le prétend.
Une réputation flatteuse… mais trompeuse
Qu’il soit saupoudré dans un yaourt ou caramélisé sur une tarte, le sucre roux bénéficie d’une image plus saine que le sucre blanc. Beaucoup pensent qu’il est moins raffiné, donc plus naturel et moins nocif. Mais cette perception est en grande partie erronée.
Selon Anthony Berthou, nutritionniste, cette croyance est largement répandue… et pourtant fausse. Même s’il contient de très faibles quantités de minéraux, cela ne suffit pas à compenser ses effets négatifs sur la santé. Rapportée à la dose consommée, la différence est infime : environ 0,001 gramme de minéraux par morceau de sucre.
Sucre roux, cassonade, vergeoise : quelles différences ?
Le flou vient aussi des termes utilisés. Le sucre blanc provient de la betterave sucrière, tandis que la cassonade est issue de la canne à sucre. La vergeoise, elle, est obtenue à partir d’une cuisson prolongée du jus de betterave.
À lirePipi : la vraie raison de vos réveils nocturnes pourrait surprendreSeul le sucre complet, comme le muscovado ou le rapadura, échappe au processus de raffinage. Il conserve donc un peu plus de nutriments. Mais là encore, cela ne le rend pas significativement plus sain. Ce que souligne surtout le nutritionniste, c’est l’effet pervers de cette croyance : penser que l’on consomme un sucre « bon pour la santé » pousse souvent à en consommer davantage.
Le vrai danger, c’est l’excès de sucre sous toutes ses formes
Quel que soit son nom ou sa couleur, le sucre a le même impact sur l’organisme. Une consommation excessive entraîne du stockage de graisses, une fatigue du foie, et peut altérer la sensibilité à l’insuline. Dès que les réserves de glycogène sont pleines – ce qui arrive vite chez les personnes sédentaires – l’excès est converti en graisses.
Pire encore, ceux qui pensent faire un bon choix se permettent souvent de doubler les doses. Résultat : plus de sucre, et donc plus de risques pour la santé. C’est pourquoi le message est clair : il ne s’agit pas de choisir un sucre « mieux », mais d’apprendre à en consommer moins.
Moins sucrer, c’est possible (et meilleur pour la santé)
Pour se libérer progressivement de cette dépendance, Anthony Berthou propose une méthode simple : réduire par étapes les quantités dans les recettes. Commencez par retirer 5 % de sucre dans vos préparations maison. Puis 5 % encore, jusqu’à diviser les doses par deux en quelques mois. Le palais s’habitue, et les résultats sur la santé ne se font pas attendre.
Et si vous cherchez une alternative, privilégiez le miel. Il est naturellement sucré, non transformé par l’industrie, et souvent produit localement. Certains miels, comme celui de châtaignier, sont riches en polyphénols qui soutiennent le microbiote et la régulation de l’insuline. De plus, son goût marqué pousse à en utiliser moins.
Enfin, une bonne hygiène de vie joue un rôle essentiel. Si l’on bouge régulièrement, si l’on mange des aliments complets et peu transformés, notre organisme gère très bien les glucides naturels apportés par les fruits, les légumes ou les légumineuses.

