Désindexation des retraites : l’impact que cela aura sur vos pensions

Les retraités vont-ils connaître des changements concernant leur pension ? Le débat existe autour d'une mesure controversée.

Aujourd’hui, les pensions de retraite profitent d’une indexation de leur montant sur l’inflation. Autrement dit, si l’indice des prix à la consommation augmente, les pensions de retraite augmentent également. C’est pour cela qu’elles profitent d’une revalorisation de 5,3 % depuis janvier 2024. 

Mais évoluons-nous vers un avenir où cette indexation n’existe plus ? Telle est, en tout cas, la volonté d’Antoine Foucher. Cette proposition, que soutient Thomas Cazenave, ne reçoit cependant les honneurs d’Emmanuel Macron, qui s’y oppose. Revenons ensemble sur cette proposition qui, si elle voit le jour, risque de faire énormément parler.

Retraite : à la recherche du moindre centime

Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de Muriel Pénicaud au ministère du Travail, suggère de geler les retraites. Cette mesure, Emmanuel Macron ne l’approuve pas. En revanche, elle bénéficie du soutien du ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave.

Cette mesure implique la fin de l’indexation automatique des pensions sur l’inflation. Concrètement, cela signifie un gel total des pensions, où toute revalorisation serait inférieure à l’inflation. Cela permettrait, ainsi, de réduire le déficit public.

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Antoine Foucher compte viser les retraités les plus aisés. Comme le souligne Foucher, la dette est si importante qu’elle sera bientôt supérieure au budget de l’Éducation nationale. Cela correspond à 60 milliards par an. Alors, il faut impérativement faire des économies. 

Une opposition de taille

Si Foucher pense que cette proposition est la bonne, il fait face à une opposition de taille. En effet, Emmanuel Macron s’oppose fermement à cette désindexation des retraites. Thomas Cazenave a d’ailleurs été rappelé à l’ordre lors du Conseil des ministres du 6 mars. Il a souligné qu’il y aurait un débat sur ce sujet dans le cadre du budget 2025, rappelant que la récente hausse de 5,3 % des pensions de retraite de base en janvier avait coûté plus de 14 milliards d’euros.

Actuellement, les débats politiques sur les pensions sont intenses, surtout avec un taux de participation élevé des personnes de plus de 65 ans lors des élections. En 2018, Emmanuel Macron avait partiellement reculé sur l’augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) en réponse aux mouvements des « gilets jaunes ». Cette hausse est en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier pour certains retraités.

Les perspectives pour les retraités

Les partisans de la sous-indexation estiment que cette mesure devrait cibler les retraités ayant un niveau de vie supérieur à la moyenne des actifs. Un document du Conseil d’orientation des retraites (COR) présenté le 16 février 2023 indique que cette supériorité s’affaiblit. En 2019, le niveau de vie moyen des retraités était de 2 132 € par mois, contre 2 099 € pour les actifs.

Le COR souligne également que les revenus du patrimoine sont plus élevés pour les retraités par rapport aux actifs, ces derniers disposant généralement d’un patrimoine plus conséquent. Dans cette mesure, la désindexation serait logique, puisqu’elle permettrait aux personnes déjà aisées de ne pas profiter d’un meilleur mode de vie. 

Deux camps s’affrontent, entre ceux qui estiment qu’elle est indispensable et ceux qui pensent que, pour faire des économies, la solution ne se trouve pas là. Rappelons qu’Emmanuel Macron doit en grande partie son élection aux votes des retraités. C’est un électorat important qu’il ne veut sans doute pas se mettre à dos.


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