L’exécutif envisage des économies de 10 milliards d’euros. Avec une telle situation économique, toutes les dépenses comptent. Le débat sur l’indexation des pensions de retraite sur l’inflation refait donc surface pour le budget 2025.
Bien que les prestations sociales aient récemment augmenté pour suivre l’inflation, cela pourrait bientôt changer. La prochaine revalorisation des prestations sociales risque d’être moins importante. Découvrez les détails dans cet article.
Débats sur le calcul de la retraite
La croissance économique en France ralentit. Cela force l’État à économiser plus de 10 milliards d’euros pour réduire le déficit public à 4,4 % en 2024. Cette contrainte budgétaire intervient alors que la revalorisation des retraites entraîne un coût de 14 milliards d’euros.
Pourtant, certains observateurs notent que tous les salariés n’ont pas bénéficié de la même manière de l’augmentation de leurs revenus. De plus, le report de l’âge de départ de 62 à 64 ans prolonge la période de travail des actifs.
À lireCombien touche un militaire à la retraite ? Les règles de calcul enfin expliquéesCette situation semble privilégier les non-actifs malgré les discours valorisant le travail du président Emmanuel Macron. Pour rappel, l’État dispose de la latitude nécessaire pour décider de l’indexation des pensions de retraite.
Mais de manière traditionnelle, elles sont ajustées en début d’année en fonction de l’inflation. Le ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave, a relancé cette question lors de son passage sur France Inter :
« C’est une vraie question : est-ce qu’on continue à indexer sur l’inflation, l’ensemble de nos prestations, l’ensemble de nos transferts ? »
Vers une sous-indexation de la pension de retraite
La décision de l’État d’augmenter aussi vite les pensions de retraite avait déjà suscité les critiques des experts. François Ecalle, ancien magistrat à la Cour des comptes, affirme qu’une sous-indexation aurait pu aboutir à des économies considérables.
Selon lui, une simple sous-indexation d’un point aurait pu alléger les coûts de la mesure de 2,7 milliards d’euros. Un cas similaire s’est présenté en 2019, sous le gouvernement d’Edouard Philippe. Ce dernier avait opté pour une sous-indexation des prestations sociales afin de maîtriser le déficit public.
Cette option, si elle devait être réitérée, pourrait déclencher de vives réactions. Une telle sous-indexation aurait un impact sur les personnes les plus vulnérables, comme l’a souligné Daniel Goldberg, président de l’Uniopss.
À lireCamping : retraité, il choisit cette solution… et le fisc lui réclame toutL’État pourrait envisager de moduler la revalorisation des pensions pour atténuer les effets de cette mesure. Cela inclurait notamment une hausse inférieure à l’inflation pour les retraites dépassant le montant de 2 000 euros par mois.
Les séniors face à un nouveau revers
L’exécutif épargne la Sécurité sociale pour l’instant, mais il y prévoit déjà des économies de 6 milliards d’euros en 2025. Il anticipe déjà des coupes de même ampleur dans le budget de l’État. La désindexation, largement utilisée pour réguler les dépenses publiques, est un outil politique sensible.
D’ailleurs, la suppression de l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) risque de fragiliser davantage les pensions de retraite. En effet, l’ASS donne la possibilité d’accumuler des trimestres (jusqu’à 4 par an). La mesure leur permet même de cotiser pour la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Des avantages que le RSA ne propose pas.
Ce changement va donc impacter les pensions des bénéficiaires de l’ASS, qui vont basculer vers le RSA. Il entraînera un retard dans l’âge de départ à la retraite à taux plein pour les chômeurs de longue durée.

