Cancer du poumon : pourquoi des non-fumeurs en meurent de plus en plus

Une étude révèle un lien inquiétant entre la pollution atmosphérique et les cancers du poumon chez les non-fumeurs.

Longtemps associé au tabac, le cancer du poumon frappe désormais un nombre croissant de non-fumeurs, une évolution qui alerte la communauté scientifique. Une étude internationale publiée dans Nature dévoile une cause encore trop souvent ignorée : la pollution de l’air. Ce facteur environnemental pourrait expliquer l’explosion de cas chez des personnes n’ayant jamais touché une cigarette.

Un cancer de plus en plus fréquent chez les non-fumeurs

En France, le cancer du poumon reste l’un des plus meurtriers. Pourtant, jusqu’à 1 malade sur 4 n’a jamais fumé, selon les dernières données de Santé publique France. C’est cette réalité troublante qui a poussé les chercheurs à étudier 871 tumeurs de patients non-fumeurs, issus de 28 pays. Leurs analyses génétiques ont mis au jour des mutations proches de celles provoquées par le tabac, mais déclenchées… par la pollution.

Le professeur Ludmil Alexandrov, coauteur principal de l’étude, explique :

« La pollution atmosphérique engendre les mêmes types de mutations dans l’ADN que celles qu’on retrouve chez les fumeurs. »

Les patients vivant dans des zones polluées présentaient davantage de mutations, avec une relation claire entre le niveau d’exposition et l’aggravation des dégâts cellulaires.

La pollution endommage l’ADN comme le ferait la cigarette

Les scientifiques ont identifié des signatures mutationnelles caractéristiques. Ces traces laissées dans le génome prouvent que la pollution provoque des dégâts cellulaires similaires à ceux du tabac. Ce phénomène touche particulièrement les zones urbaines ou industrielles, où l’air chargé en particules fines accélère les mutations génétiques.

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En parallèle, les chercheurs ont observé un phénomène biologique inquiétant : le raccourcissement accéléré des télomères, ces capuchons d’ADN qui protègent nos chromosomes. Un raccourcissement prématuré de ces télomères signifie un vieillissement accéléré des cellules, favorisant la dérive cancéreuse.

Un gène de défense paralysé par la pollution

Face à ce raccourcissement, notre organisme devrait réagir. Le gène TP53, connu pour stopper les cellules anormales, joue normalement ce rôle. Mais dans les cas étudiés, ce mécanisme de défense était inefficace. Les mutations provoquées par la pollution semblent empêcher TP53 de fonctionner correctement, laissant ainsi les cellules endommagées se multiplier sans contrôle.

Cette défaillance ouvre la voie au développement de tumeurs pulmonaires, même chez des patients sans antécédents de tabagisme. Le phénomène n’est donc ni marginal ni anecdotique : il concerne des milliers de vies dans les zones fortement exposées.

Et le tabagisme passif dans tout ça ?

Si la pollution atmosphérique apparaît désormais comme la première cause du cancer du poumon chez les non-fumeurs, le tabagisme passif reste un facteur aggravant. Les chercheurs ont remarqué une réduction des télomères également chez les personnes exposées à la fumée ambiante, confirmant son rôle délétère.

Enfin, une signature génétique spécifique aux non-fumeurs atteints a été découverte. Cette trace est absente chez les fumeurs, mais sa cause reste inconnue à ce jour. Cela pourrait ouvrir de nouvelles pistes de recherche sur des agents cancérogènes encore mal identifiés.


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