Un avenir de plus en plus incertain pour Intermarché
Depuis plusieurs années, l’enseigne Intermarché traverse une période particulièrement difficile. La crise du Covid-19, suivie d’une inflation persistante, a lourdement fragilisé son modèle économique. Et ce n’est pas tout. La concurrence ne lui laisse aucun répit. Les clients se tournent de plus en plus vers des enseignes comme Lidl ou Leclerc, attirés par leurs prix plus bas et leur communication agressive.
Conséquence directe : de nombreux points de vente Intermarché ferment discrètement, un à un. Le dernier exemple en date concerne un magasin en Bretagne, qui a tiré le rideau en janvier 2025. Ce n’est malheureusement pas un cas isolé.
Sur le terrain, certains salariés dénoncent un abandon progressif de la part du groupe. « On nous parle de reclassements, mais les formations proposées n’ont rien à voir avec nos compétences », confie une employée. Pour beaucoup, l’incertitude est totale.
Une pression économique devenue insupportable
En parallèle, Intermarché doit faire face à une hausse spectaculaire de ses coûts. Depuis 2023, les dépenses logistiques ont bondi de 18 %, mettant les finances du groupe sous pression.
À lireCette nouvelle enseigne est en train de voler la vedette à ActionPour tenter de s’adapter, l’enseigne a multiplié les caisses automatiques, réduisant ainsi la présence de personnel en magasin. Mais cette mesure ne suffit pas à redresser la barre. Pire encore, la montée en puissance du commerce en ligne accentue les difficultés.
Aujourd’hui, la direction refuse de confirmer une fermeture générale des magasins. Mais elle ne nie pas non plus cette possibilité. Une stratégie de flou qui alimente l’inquiétude des salariés comme des clients.
Dans ce contexte, Intermarché joue gros. D’un côté, des clients attachés à l’image de proximité de l’enseigne. De l’autre, une rentabilité qui ne suit plus. Et pour les 500 à 700 employés les plus exposés, l’angoisse de perdre leur emploi est bien réelle.
Une stratégie de survie mise en place
Heureusement, tout n’est pas perdu. Plutôt que d’abandonner totalement le terrain, Intermarché a décidé de se concentrer sur une restructuration ciblée. L’objectif est clair : moderniser 120 magasins d’ici fin 2025.
Cela passe par plusieurs axes : une nouvelle présentation des rayons, une meilleure expérience client, mais aussi une offre plus locale. Des partenariats avec des producteurs régionaux sont mis en place pour répondre aux attentes actuelles des consommateurs.
Car oui, les Français veulent consommer autrement. Moins de superflu, plus de qualité, mais sans exploser leur budget. Dans cette logique, l’enseigne mise aussi sur une marketplace agroalimentaire pour proposer des produits plus ciblés, plus responsables.
Et malgré les difficultés, Intermarché conserve une image relativement positive, notamment grâce à ses produits labellisés. Beaucoup de clients restent fidèles à la marque, ce qui constitue un levier de relance non négligeable.
Des décisions urgentes à prendre pour rester dans la course
Pour le moment, la situation reste fragile. Le groupe Les Mousquetaires, qui pilote Intermarché, sait qu’il doit faire des choix forts dans les mois à venir. S’il veut éviter une fermeture massive, il lui faudra agir rapidement.
Cela implique de repenser les priorités : redonner confiance aux salariés, améliorer l’image de l’enseigne, et surtout retrouver l’équilibre financier. Sans cela, la menace d’une disparition progressive des magasins deviendra une réalité.
À lireDes dizaines de boutiques condamnées : cette enseigne préférée des Français tire sa révérenceIntermarché n’est pas encore condamné, mais il marche sur un fil. Le soutien des clients et des collaborateurs sera déterminant pour écrire la suite. D’ici fin 2025, la situation devrait se clarifier.
Mais une chose est sûre : si des décisions concrètes ne sont pas prises, la disparition de certains magasins pourrait s’accélérer. Et avec elle, c’est tout un modèle qui risque de s’effondrer.

