Cancer du pancréas : quel facteur de risque peut-on vraiment réduire ?

Le cancer du pancréas progresse en France et reste souvent difficile à détecter à un stade précoce. Pourtant, parmi ses facteurs de risque, l’un d’eux occupe une place majeure et il est possible d’agir dessus.

Le cancer du pancréas fait partie des maladies qui inquiètent les spécialistes en raison de l’augmentation du nombre de cas. Certains facteurs échappent à notre contrôle, tandis que d’autres dépendent davantage de nos habitudes de vie.

Cancer du pancréas : une maladie qui progresse en France

Le pancréas est un organe situé dans l’abdomen. Il joue notamment un rôle essentiel dans la digestion et participe à la régulation du taux de sucre dans le sang. Lorsqu’une tumeur maligne s’y développe, les premiers signes peuvent rester discrets. Par conséquent, la maladie peut évoluer pendant un certain temps avant d’être découverte.

Selon les données de l’Institut national du cancer citées pour 2023, 15 991 nouveaux cas de cancer du pancréas ont été recensés cette année-là en France. La maladie touche principalement les personnes âgées. Le diagnostic survient en moyenne autour de 73 ans chez les femmes et 70 ans chez les hommes, d’après la Fondation ARC.

Mais un autre élément retient particulièrement l’attention. Le nombre de cas a fortement progressé au cours des dernières décennies. Entre 1990 et 2023, il aurait ainsi été multiplié par quatre. Cette évolution pousse donc les chercheurs à mieux comprendre les causes possibles de cette hausse.

Cependant, développer cette maladie ne dépend pas d’un facteur unique. L’âge compte, tout comme certaines prédispositions génétiques ou certaines maladies. De plus, plusieurs habitudes de vie peuvent modifier le niveau de risque. Identifier celles sur lesquelles il est possible d’agir représente donc un enjeu majeur de prévention.

Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque de cancer

Certains facteurs de risque ne peuvent évidemment pas être modifiés. L’âge en fait partie puisque le cancer du pancréas apparaît surtout après 50 ans. Les antécédents familiaux et certaines prédispositions génétiques peuvent également jouer un rôle.

D’autres situations médicales sont aussi associées à un risque plus important. C’est notamment le cas de la pancréatite chronique. Cette inflammation durable du pancréas peut avoir différentes causes et nécessite un suivi médical.

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Le diabète de type 2 constitue également un facteur étudié. Toutefois, la relation entre diabète et cancer du pancréas reste particulière. En effet, un diabète apparu récemment peut parfois accompagner une modification du fonctionnement du pancréas. Il ne faut donc pas interpréter automatiquement cette maladie comme une cause directe.

Le surpoids et l’obésité figurent également parmi les éléments associés à une augmentation du risque. Selon la Fondation ARC, les personnes présentant une obésité sévère pourraient avoir un risque de cancer pancréatique supérieur à celui observé chez les personnes de poids considéré comme normal.

Par ailleurs, les chercheurs continuent d’étudier d’autres pistes. Une étude française publiée en 2024 dans l’European Journal of Epidemiology s’est notamment intéressée à une éventuelle association entre l’exposition à certains pesticides et l’adénocarcinome pancréatique. Toutefois, une association statistique ne suffit pas à démontrer qu’une exposition provoque directement la maladie.

Cancer : le tabac constitue un facteur de risque majeur

Parmi les facteurs sur lesquels une personne peut agir, le tabagisme occupe une place particulièrement importante. La Fondation ARC le présente comme le principal facteur de risque évitable du cancer du pancréas.

Selon la fondation, le tabac serait associé à 20 à 30 % des cas diagnostiqués dans le monde. Le niveau de risque dépend notamment de la durée du tabagisme et de la quantité consommée.

La fumée du tabac contient de nombreuses substances cancérogènes. Une fois dans l’organisme, celles-ci ne touchent pas uniquement les poumons. Elles circulent également dans le sang et peuvent affecter différents organes. Ainsi, fumer augmente le risque de plusieurs cancers, dont celui du pancréas.

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Cette information est importante car, contrairement à l’âge ou au patrimoine génétique, il s’agit d’un facteur sur lequel il est possible d’agir. Arrêter de fumer permet donc de réduire l’exposition à ce risque évitable. Le bénéfice ne concerne d’ailleurs pas seulement le pancréas. L’arrêt du tabac réduit aussi progressivement plusieurs risques cardiovasculaires et cancéreux.

Pour autant, une personne qui n’a jamais fumé peut développer un cancer du pancréas. À l’inverse, le fait de fumer ne signifie pas qu’une personne développera forcément cette maladie. Un facteur de risque augmente une probabilité : il ne permet jamais de prédire à lui seul ce qui arrivera à un individu.

D’autres habitudes peuvent également jouer un rôle

Le tabac représente donc un levier de prévention particulièrement important, mais il n’est pas le seul élément à considérer. Les spécialistes recommandent plus largement d’adopter un mode de vie favorable à la santé.

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Limiter la consommation d’alcool fait notamment partie des recommandations générales. Une consommation excessive peut favoriser certaines maladies, dont la pancréatite chronique, elle-même associée à un risque plus élevé de cancer du pancréas.

L’activité physique régulière constitue également une habitude bénéfique. Elle participe au maintien d’une bonne santé générale et aide à prévenir la prise de poids excessive. De même, une alimentation équilibrée contribue à réduire plusieurs facteurs de risque associés aux maladies chroniques.

Il n’existe toutefois aucune méthode capable de garantir qu’une personne évitera un cancer du pancréas. La prévention consiste plutôt à diminuer les facteurs modifiables lorsque cela est possible.

Enfin, certains changements de santé inhabituels méritent une consultation médicale, surtout lorsqu’ils persistent. Une perte de poids inexpliquée, une jaunisse, des troubles digestifs durables ou des douleurs inhabituelles doivent notamment conduire à demander un avis professionnel. Ces signes peuvent avoir de nombreuses causes et ne signifient pas automatiquement qu’un cancer est présent.

Face à l’augmentation du nombre de cas, la recherche tente également d’améliorer le diagnostic précoce et la prise en charge. En attendant de nouvelles avancées, ne pas fumer ou arrêter le tabac reste l’un des principaux moyens individuels de réduire un facteur de risque évitable du cancer du pancréas.


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