Un trouble du sommeil largement méconnu
En France, l’apnée du sommeil touche plus de trois millions de personnes, mais 70 % des malades ignorent qu’ils en souffrent. Ce trouble se manifeste par des interruptions involontaires de la respiration pendant le sommeil, ce qui réduit la qualité du repos et entraîne une fatigue chronique.
Mais comment savoir si vous êtes concerné ? Beaucoup de personnes associent cette maladie au ronflement, pourtant ce n’est pas le seul indicateur. Le principal signe qui doit vous alerter est la somnolence diurne, une fatigue excessive en journée malgré une durée de sommeil suffisante. Si vous avez du mal à vous concentrer, ressentez une baisse d’énergie constante ou vous assoupissez involontairement, il est peut-être temps de consulter un spécialiste.
Un test simple pour détecter l’apnée du sommeil
Les symptômes de l’apnée du sommeil sont souvent sous-estimés, car leur progression est lente. Les médecins utilisent l’échelle de somnolence d’Epworth (ESS) pour évaluer le niveau de fatigue d’un patient. Ce test consiste à noter de 0 à 3 votre propension à vous endormir dans les situations suivantes :
- En train de lire un livre
- Devant la télévision
- Assis sans activité dans un lieu public
- Passager d’un véhicule pendant un long trajet
- Allongé l’après-midi pour vous reposer
- En pleine discussion avec quelqu’un
- Assis tranquillement après le déjeuner
- À l’arrêt dans une voiture à cause d’un embouteillage
Un score supérieur à 9 indique une somnolence anormale et peut être le signe d’un syndrome d’apnées du sommeil nécessitant un examen approfondi. Cette fatigue excessive entraîne une diminution de la vigilance, augmentant ainsi les risques d’accidents de la route ou d’erreurs au travail.
Ronflements et apnée : deux notions à ne pas confondre
Si vous ronflez régulièrement, cela ne signifie pas forcément que vous souffrez d’apnée du sommeil. Le ronflement est simplement la vibration des tissus de la gorge, souvent amplifiée par un relâchement musculaire. Bien qu’il puisse être un facteur aggravant, il n’est pas un indicateur suffisant pour établir un diagnostic.
À lireFatigue : pourquoi tant de gens se sentent épuisés aujourd’hui ?Pour identifier une véritable apnée du sommeil, les médecins réalisent des examens approfondis comme une polysomnographie ou une polygraphie ventilatoire. Ces tests permettent de calculer l’indice d’apnées/hypopnées (IAH), qui détermine la sévérité du trouble :
- IAH entre 5 et 15 : Apnée légère
- IAH entre 16 et 30 : Apnée modérée
- IAH supérieur à 30 : Apnée sévère
Un traitement peut alors être envisagé, comme l’utilisation d’un appareil à pression positive continue (PPC) ou des solutions alternatives selon la gravité du cas.
Pourquoi il est essentiel de consulter rapidement
Ignorer l’apnée du sommeil peut avoir de lourdes conséquences sur la santé. Ce trouble est un facteur de risque majeur pour plusieurs maladies graves, notamment :
- Les maladies cardiovasculaires, en raison du manque d’oxygénation du sang.
- L’hypertension, aggravée par les interruptions respiratoires nocturnes.
- La dépression et l’anxiété, causées par un sommeil non réparateur.
Si vous ressentez une fatigue persistante, des réveils difficiles ou une somnolence inhabituelle, consulter un spécialiste est la meilleure solution pour préserver votre santé.

