Le moment où l’on s’endort est souvent synonyme de détente et de relâchement. Pourtant, pour environ 70 % de la population, cette phase peut être perturbée par une sensation soudaine de chute dans le vide, suivie d’un sursaut. Ce phénomène, bien que déconcertant, est tout à fait normal. Mais d’où vient-il ? Trois spécialistes du sommeil nous éclairent sur ce mystère.
Le sommeil et le décalage entre le cerveau et les muscles
L’explication la plus répandue de ce phénomène repose sur un décalage entre le cerveau et les muscles lors de la transition entre l’éveil et le sommeil. « Quand on s’endort, il y a une perte progressive du tonus musculaire », explique Christelle Peyron, chercheuse en neurosciences. Cependant, si ce relâchement est trop rapide, le cerveau peut l’interpréter comme une chute. Il réagit alors en contractant brusquement les muscles pour reprendre le contrôle.
Ce sursaut dure généralement une à deux secondes. Il commence souvent par les muscles du bas du corps avant de s’étendre au reste du corps. Parfois, cette sensation s’accompagne de manifestations visuelles ou auditives. Par exemple, on peut avoir l’impression de tomber dans un trou ou d’entendre des bruits étranges.
Un réflexe de survie lié au sommeil
Certains scientifiques pensent que ce sursaut de l’endormissement pourrait être un réflexe de survie hérité de nos ancêtres. À l’époque où les humains vivaient dans les arbres, ce mouvement brusque leur permettait d’éviter de tomber pendant le sommeil. « Nos rythmes biologiques résultent d’une adaptation des premiers êtres vivants à leur environnement« , souligne Claire Leconte, chronobiologiste.
À lireCes rêves avec des personnes décédées en disent long sur vos émotions actuellesAujourd’hui, ce réflexe n’a plus de fonction vitale. Cependant, il reste un vestige de notre évolution. Bien que cette théorie ne soit pas prouvée, elle offre une explication plausible à la persistance de ce phénomène.
Les facteurs qui perturbent le sommeil
Ce phénomène est généralement bénin. Cependant, certains facteurs peuvent en augmenter la fréquence. Le stress et la tension jouent un rôle clé. Plus une personne est anxieuse, plus elle risque de ressentir ces sursauts.
La consommation de stimulants comme le café, l’alcool ou le tabac avant le coucher peut aussi amplifier le phénomène. Ces substances perturbent le système nerveux. De plus, les activités stimulantes en soirée, comme regarder la télévision ou consulter son téléphone, peuvent retarder l’endormissement. « Notre société actuelle nous pousse à décaler nos horaires de coucher, ce qui accentue ces sursauts », explique Claire Leconte.
Comment améliorer la qualité de son sommeil ?
Pour limiter ces sursauts, adoptez des habitudes relaxantes avant de dormir. Le yoga, la méditation ou des exercices de respiration aident à favoriser un relâchement musculaire progressif. Ils évitent un contraste trop marqué entre le corps et le cerveau.
Évitez le sport intensif après le dîner. Cela stimule le système nerveux et retarde l’endormissement. Tenir un agenda de sommeil peut aussi être utile. Notez vos heures de coucher et de réveil, ainsi que les périodes d’éveil nocturne et les rêves. Cela vous aidera à mieux comprendre votre cycle de sommeil.
Si ces sursauts deviennent trop fréquents ou provoquent de l’angoisse, consultez un professionnel de santé.Le sursaut de l’endormissement, bien que déroutant, est un phénomène normal et généralement sans danger. Il résulte d’un décalage entre le relâchement musculaire et l’activité cérébrale. Cela pourrait être un héritage de nos ancêtres. En adoptant de bonnes habitudes de sommeil et en réduisant le stress, vous pouvez limiter ces sensations désagréables et profiter d’un sommeil plus paisible.

