La réforme des retraites a engendré de vastes mouvements de protestations en France. Elle impose notamment la prolongation de la durée de cotisation et l’âge légal de départ. Ainsi, pour partir à taux plein, les salariés doivent travailler 43 ans et attendre 64 ans, sauf exception.
Cependant, les règles sont différentes pour les anciens présidents. Toujours est-il qu’après leur mandat, ils doivent tout de même se conformer aux nouvelles règles de la réforme. D’ailleurs, quel est le montant exact de leur pension de retraite une fois leur fonction terminée ?
Une pension de retraite très confortable
Les ex-présidents de la République ne bénéficient pas tout à fait d’un régime de retraite particulier. En effet, la loi de 1955 leur octroie une allocation annuelle, versée à vie, équivalente à celle d’un conseiller d’État en exercice.
En 2021, cette allocation varie de 5 496,71 à 6 227,73 euros bruts par mois, selon l’échelon. Celle-ci se situe donc entre 65 960,52 et 74 732,76 euros par an. Notons au passage que cette allocation reste constante, indépendamment du nombre de mandats effectués.
Les ex-dirigeants de l’État la perçoivent ensuite dès la fin du ou des mandats, sans exigence d’âge. En cas de décès d’un ancien président, son épouse reçoit une pension de réversion équivalente à 50 % de l’allocation. La loi mentionne explicitement la « veuve » et non la concubine.
À lireCombien touche un militaire à la retraite ? Les règles de calcul enfin expliquéesSi, à son tour, elle décède, les enfants bénéficient légalement de la pension jusqu’à leur majorité. En plus de cette allocation, les ex-présidents peuvent aussi obtenir d’autres pensions de retraite. C’est le cas s’ils ont occupé d’anciens postes dans le secteur privé ou public.
Les privilèges énormes des ex-présidents
Les anciens présidents bénéficient de deux avantages spécifiques en plus de la dotation annuelle. D’une part, selon l’article 56 de la Constitution, ils sont membres de droit du Conseil constitutionnel. S’ils exercent ce droit, ils touchent 13 500 euros net par mois.
Toutefois, c’est une rémunération liée à une activité plutôt qu’à une pension de retraite. Par ailleurs, depuis 2013, Nicolas Sarkozy n’a plus siégé au Conseil constitutionnel. Puis en 2019, Emmanuel Macron a déclaré qu’il renonçait à sa pension prévue par la loi de 1955.
Il a aussi renoncé à son siège. Cela dit, il percevra tout de même une pension de retraite conséquente à la fin de son mandat présidentiel. Cependant, avec la réforme des retraites, aucun ancien président n’intègrera le Conseil constitutionnel.
De plus, les nouvelles règles incluent les présidents de la République dans le régime universel par points. En effet, cette réforme tant décriée les oblige désormais à cotiser et à accumuler des points pour calculer leur pension.
À lireCamping : retraité, il choisit cette solution… et le fisc lui réclame toutEn outre, un décret de 2016 accorde à chaque ancien président sept collaborateurs pour le secrétariat. Le texte lui alloue également deux agents de service pendant cinq ans après leur mandat. Ce n’est pas tout, les anciens chefs d’État ont aussi droit à un logement meublé.
Les avantages restent donc significatifs même après la retraite. Il est difficile de chiffrer précisément ces coûts. Cependant, en 2022, les moyens alloués à Nicolas Sarkozy et François Hollande pourraient avoir coûté environ 3 millions d’euros.

