Jonathann Daval perçoit tous les mois en prison un salaire : une révélation qui relance le débat sur le travail des détenus

Condamné pour le meurtre de sa femme, Jonathann Daval travaille aujourd’hui en prison et touche un salaire. Une somme dévoilée récemment qui suscite de vives réactions et interroge sur la place du travail carcéral.

Le nom de Jonathann Daval reste associé à l’un des faits divers les plus marquants des années 2010. Aujourd’hui incarcéré, il continue à faire parler de lui, notamment en raison de son activité derrière les barreaux.

Une affaire qui a bouleversé la France

Le meurtre d’Alexia Daval en 2017 avait bouleversé l’opinion publique. Son mari, Jonathann Daval, s’était présenté en veuf éploré devant les caméras, implorant que justice soit faite. Ce n’est que plusieurs mois plus tard que la vérité a éclaté : il a fini par avouer le meurtre de son épouse, après avoir d’abord accusé son beau-frère.

L’enquête a révélé qu’il avait étranglé Alexia, puis tenté de brûler son corps pour dissimuler les preuves. Une mise en scène glaçante, qui lui a valu une condamnation à 25 ans de réclusion criminelle en 2020. Il purge aujourd’hui sa peine à la maison centrale d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin, un établissement réservé aux longues peines.

Un emploi derrière les barreaux et un salaire mensuel

En détention, Jonathann Daval n’est pas resté inactif. Comme de nombreux détenus, il a fait le choix de travailler. Sa mère, Martine Henry, a détaillé les tâches de son fils dans un livre paru en 2022. Il effectue des travaux manuels : confection de bobines de rouleaux électriques, fabrication de rallonges… Une activité répétitive mais structurée, qui rythme ses journées.

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Ses horaires sont clairs : de 7h à 11h30 le matin, puis de 13h30 à 16h30 l’après-midi. En contrepartie, il perçoit environ 600 euros par mois. Cette rémunération peut surprendre, mais elle reste encadrée par les règles de l’administration pénitentiaire. Une partie est prélevée pour indemniser les parties civiles, une autre est mise de côté pour sa réinsertion, et le reste lui permet d’acheter des produits à la cantine de la prison.

Un débat relancé sur la justice et le travail en détention

Cette révélation a relancé un débat de fond : un détenu condamné pour un crime aussi grave doit-il percevoir un salaire ? Pour certains, ce travail s’inscrit dans une logique de réinsertion. Il structure les journées, responsabilise, et permet à la personne incarcérée de contribuer à sa dette envers les victimes.

Mais pour d’autres, cette rémunération passe mal. L’indignation est d’autant plus vive que la victime, Alexia, ne pourra jamais bénéficier d’une seconde chance. La question du montant suscite aussi la polémique : 600 euros mensuels, soit plus que certains revenus de personnes libres confrontées à la précarité. Le sujet divise l’opinion publique.

Des indemnités à verser à la famille d’Alexia

Au-delà de l’occupation quotidienne, le travail de Jonathann Daval a aussi un objectif financier. Il a été condamné à verser 160 000 euros de dommages et intérêts à la famille d’Alexia. La répartition est précise : 130 000 euros pour les parents de la victime, 18 000 euros pour sa sœur, 8 000 euros pour le beau-frère et 3 000 euros pour le neveu.

Avec un revenu limité, le détenu mettra de nombreuses années à rembourser cette somme. Mais ce travail constitue une forme de participation, même lente, à l’indemnisation des proches. Il rappelle également que la justice ne s’arrête pas au verdict : elle se poursuit dans la durée, dans les gestes, et parfois dans le silence des cellules.


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