La fin de Chrome ? Google pourrait perdre son contrôle très prochainement

Google forcé de vendre son navigateur Chrome ? Une hypothèse qui prend de l’ampleur. Ce scénario inédit pourrait bouleverser l’usage d’Internet pour des milliards d’utilisateurs.

Le procès engagé contre Google pourrait provoquer un séisme dans le monde du numérique. En ligne de mire : le navigateur Chrome, utilisé par plus de 3 milliards de personnes.

Chrome, bien plus qu’un simple navigateur

Chrome n’est pas un produit comme les autres. C’est la porte d’entrée vers Internet pour une grande partie de la population mondiale. Il est également un rouage essentiel dans l’écosystème publicitaire et de collecte de données de Google. Grâce à lui, la firme impose la recherche Google par défaut, tout en assurant une parfaite intégration avec Gmail, Google Docs, Drive ou encore YouTube.

Cette domination inquiète les autorités américaines. Le ministère de la Justice (DoJ) estime que Google a sciemment maintenu un monopole sur la navigation web, au détriment de la concurrence. Le 21 avril 2025, les procureurs ont évoqué une solution radicale : forcer Google à vendre Chrome à une entité extérieure. Pour le DoJ, c’est le seul moyen de rétablir un marché libre et équilibré.

Une défense acharnée de Google face aux accusations

Chez Google, la riposte est immédiate. Le géant dénonce une mesure extrême. Pour ses dirigeants, retirer Chrome de leur giron reviendrait à saboter l’innovation. Dans une déclaration officielle, Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires, a affirmé que cette cession ralentirait le développement de l’intelligence artificielle et compromettrait la sécurité des utilisateurs.

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Google rappelle aussi que de nombreux navigateurs, comme Safari ou Firefox, utilisent Google comme moteur par défaut. L’entreprise estime donc que le lien entre Chrome et monopole est exagéré. Pour elle, cette séparation serait inutile, voire néfaste, et ne profiterait ni aux consommateurs ni à l’économie numérique américaine.

Une rupture technique et sécuritaire en vue ?

La vente forcée de Chrome soulève d’énormes interrogations techniques. Chrome est aujourd’hui intimement lié aux services de Google. Sa structure repose sur Chromium, un projet open source que Google développe activement. Si Chrome devait changer de mains, qu’adviendrait de sa maintenance, de ses mises à jour ou de sa sécurité ?

L’expérience utilisateur pourrait en pâtir. Moins d’intégration avec Gmail, des problèmes de compatibilité avec les outils Google, et une baisse de performance pourraient vite apparaître. Certains experts alertent aussi sur un risque de fragmentation du web, à l’image de ce qui s’est produit après le procès contre Microsoft dans les années 90. De plus, Google insiste sur un argument géopolitique : dans la course à l’IA face à la Chine, l’affaiblissement de Chrome pourrait ralentir l’innovation américaine.

Vers un précédent historique dans la tech ?

Le procès en cours est considéré comme l’un des plus importants de l’ère numérique. Le juge Amit P. Mehta, qui avait déjà prononcé une condamnation pour abus de position dominante en 2024, doit désormais statuer sur les sanctions. Sa décision est attendue d’ici août 2025, mais Google a déjà prévu de faire appel. Ce qui pourrait repousser la mise en œuvre des mesures à 2026 ou plus.

Le défi est colossal : Chrome est estimé entre 15 et 20 milliards d’euros, selon Bloomberg. Mais qui pourrait l’acheter ? Microsoft et DuckDuckGo sont parfois cités, tout comme l’idée d’un spin-off indépendant. Le DoJ affirme que plusieurs acteurs seraient capables de redonner un souffle au marché s’ils récupéraient Chrome. Mais encore faut-il qu’ils puissent garantir la confidentialité, la stabilité et la compatibilité de cet outil central pour des milliards d’internautes.


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