Dès le début de l’année 2024, la France a augmenté de manière significative les pensions de retraite de base. Avec le paiement de février dernier, cette augmentation, prévue de façon par la loi, a compensé le taux d’inflation. Cela dit, en plus de la pension de base, beaucoup de seniors bénéficient d’une pension complémentaire. Quid de cette dernière ?
Retraite : des hausses successives en 2024
L’année 2024 marque un tournant décisif pour les bénéficiaires de retraites Agirc-Arrco avec d’importants changements qui révolutionnent les pensions complémentaires. En effet, dès février, une révision du taux de CSG a impacté les pensions.
Pour une partie des bénéficiaires, cette revalorisation constitue une excellente nouvelle. La raison ? Puisqu’elle a aussi augmenté leur pension de retraite. Ce n’est hélas pas le cas de tout le monde, car pour d’autres, le résultat est moins favorable.
Ainsi, certains foyers doivent de leur côté cotiser plus tandis que d’autres voient leurs cotisations allégées. Pourquoi une telle différence de traitement ? C’est simple : l’application des nouveaux taux dépend du RFR de l’année antérieure et du total de parts fiscales.
Cela dit, la bonne nouvelle qui concerne tout le monde porte sur l’augmentation des retraites complémentaires effective depuis le 1er avril. Depuis cette date, les seniors n’ont plus à se soucier du malus de 10 % appliqué sur leurs pensions complémentaires.
À lireCombien touche un militaire à la retraite ? Les règles de calcul enfin expliquéesBon nombre d’anciens salariés du secteur privé ont en effet bénéficié de cette annulation, ce qui a allégé leur budget. En outre, une augmentation supplémentaire devrait également se faire prochainement pour les pensions complémentaires.
Quid de la prochaine revalorisation ?
Les anciens employés du secteur privé verront leurs pensions de retraite complémentaire revalorisées le 1er novembre prochain. Pour rappel, l’ajustement annuel de ces pensions se base sur l’évolution de l’inflation pendant une période donnée.
Cependant, l’ajustement futur des pensions de retraite complémentaire pourrait ne pas être aussi conséquent. Du moins, comparé à la précédente. En effet, ces derniers mois, le taux de l’inflation a beaucoup reculé.
Pour vous donner une idée du recul, sachez que le taux d’inflation annuel atteignait 3,1 % en janvier 2024. Pourtant, celui-ci est tombé à 3,0 % en février. Plus impressionnant encore, en mai, il a chuté à 2,2 %. Ce sont les données de l’Insee.
Quel rapport avec les complémentaires ? Un recul de l’inflation entraîne une revalorisation plus modeste. Selon un article d’Econostrum, l’augmentation des pensions de retraite cet automne sera moins significative que celle de l’année précédente.
Une possible désindexation des retraites
Beaucoup anticipent déjà que l’augmentation des pensions de retraite complémentaire prévue pour cette année sera moindre. Qu’en est-il de 2025 ? Pire, car certains craignent même la désindexation des pensions des seniors sur l’inflation. Pourquoi ?
À lireCamping : retraité, il choisit cette solution… et le fisc lui réclame toutLa nécessité de faire des économies sur les dépenses publiques. En effet, les augmentations sont certes avantageuses pour nos aînés, mais elles représentent un coût financier pour l’État. D’où le programme de 20 milliards d’euros d’économies du gouvernement.
En février, Thomas Cazenave, ministre délégué chargé des Comptes publics, a ravivé la controverse autour de l’ajustement des retraites sur l’inflation. Lors d’une interview sur France Inter, le responsable politique a lancé :
« C’est une vraie question, est-ce qu’on continue à indexer sur l’inflation, l’ensemble de nos prestations, l’ensemble de nos transferts ? »

