Vendredi 18 septembre, Macron a réuni les chefs des partis représentés au Parlement pour évoquer les conséquences des crises internationales. Sécurité, carburants et pouvoir d’achat étaient notamment au centre des échanges.
Macron réunit les responsables politiques face à deux crises majeures
La réunion organisée à l’Élysée avait un objectif précis. Emmanuel Macron voulait présenter aux responsables politiques un état des lieux de la situation internationale et de ses conséquences pour la France.
Plusieurs hauts responsables étaient présents pour exposer la situation. Les représentants de la DGSI, de la DGSE, du renseignement militaire, du SGDSN et de la direction générale de l’Énergie ont notamment participé aux échanges.
Deux dossiers ont particulièrement occupé les discussions. D’abord, la guerre en Ukraine et l’évolution des menaces dites hybrides en Europe. Ensuite, les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’approvisionnement énergétique et les prix payés par les consommateurs.
Emmanuel Macron estime en effet que les menaces russes visant les Européens se sont intensifiées. Il a notamment évoqué des attaques cyber, des drones ainsi que plusieurs incidents survenus en Europe.
Le président a également réaffirmé le soutien français à l’Ukraine. Selon lui, celui-ci reste lié à la sécurité européenne et à la recherche d’une paix durable.
Par ailleurs, Emmanuel Macron a présenté cette réunion comme un exercice de transparence. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, il a expliqué vouloir rester dans son rôle institutionnel de garant plutôt que commenter la campagne.
Cependant, le message adressé aux responsables politiques dépasse largement la situation en Ukraine. Les conséquences économiques des conflits internationaux préoccupent également l’exécutif.
Sécurité : la France veut renforcer la protection des sites sensibles
La sécurité constitue ainsi le premier grand volet des annonces faites après la réunion à l’Élysée.
Face aux risques de drones, de cyberattaques et d’ingérences étrangères, l’exécutif entend renforcer la vigilance. Emmanuel Macron a confirmé qu’un plan de protection des infrastructures critiques devait être préparé.
Les sites liés à l’industrie de défense font partie des priorités. Les infrastructures essentielles et certains lieux particulièrement sensibles doivent également bénéficier d’une vigilance renforcée.
À lireMacron se contente de 3–4 heures de sommeil… et reste infatigable : comment fait-il ?Cette décision intervient après un Conseil de défense et de sécurité nationale. Le ministre de l’Intérieur a également réuni les préfets de zone afin d’adapter la posture française face aux nouvelles menaces.
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Le président a insisté sur un point : selon lui, la France a déjà été visée par des attaques informationnelles et cyber. Il estime donc nécessaire d’anticiper d’autres formes d’actions hostiles.
Pour Emmanuel Macron, la protection ne passera pas uniquement par des dispositifs militaires. La résilience des infrastructures civiles et la vigilance des services de l’État doivent aussi jouer un rôle central.
La lutte contre les ingérences étrangères doit également se poursuivre. Des mesures réglementaires ont déjà été prises, tandis que plusieurs textes doivent encore avancer sur le plan législatif.
Ainsi, l’objectif consiste à mieux protéger le territoire sans attendre qu’un incident majeur survienne. Le chef de l’État appelle, dans ce contexte, à une vigilance accrue.
Mais pour les ménages, une autre préoccupation est beaucoup plus immédiate : le prix de l’énergie et notamment celui des carburants.
Carburants : voici les principales annonces de Macron
C’est l’un des points les plus attendus de son intervention. Emmanuel Macron a reconnu que la hausse des prix à la pompe pèse lourdement sur le budget de nombreux Français.
Selon le président, cette flambée s’explique principalement par la situation géopolitique. Il a notamment cité la guerre en Ukraine, le conflit impliquant l’Iran et les difficultés de circulation dans le détroit d’Ormuz.
Face à cette situation, plusieurs actions ont été annoncées. D’abord, la France veut sécuriser ses approvisionnements en diesel, gaz et carburant aérien. Des discussions ont ainsi été engagées avec plusieurs pays producteurs.
Paris cherche également à développer des voies alternatives d’approvisionnement. L’objectif consiste à réduire la dépendance aux routes énergétiques actuellement perturbées.
Autre annonce importante : Emmanuel Macron prévoit une réunion du G7 consacrée aux questions énergétiques. Les États concernés doivent notamment travailler sur leurs stocks, leurs capacités de production et leurs exportations.
La possibilité de mobiliser certains stocks stratégiques doit également être étudiée avec les partenaires internationaux et l’Agence internationale de l’énergie.
L’Europe sera, elle aussi, sollicitée. Emmanuel Macron a annoncé vouloir saisir la présidente de la Commission européenne. Il souhaite accélérer les travaux concernant le stockage du gaz et rechercher des solutions capables de réduire la pression sur les prix.
La France veut parallèlement préserver ses capacités d’importation et de raffinage. Le recours aux biocarburants pourrait également être facilité lorsque cela est techniquement possible.
Ces différentes mesures ne garantissent toutefois pas une baisse immédiate à la pompe. Elles visent surtout à sécuriser les volumes disponibles et limiter les tensions dans les semaines et mois à venir.
Aides aux Français : ce qui pourrait désormais changer
Le dernier volet concerne directement le portefeuille des ménages. Et sur ce point, plusieurs décisions restent encore à préciser.
À lireBrigitte Macron prof de français : ce que ses élèves racontent vraimentLe Premier ministre doit coordonner les prochaines mesures nationales. Un travail gouvernemental doit notamment porter sur les stocks, les chaînes logistiques et la réduction de la dépendance française aux hydrocarbures.
L’électrification doit également être accélérée. L’exécutif souhaite ainsi diminuer progressivement l’exposition de la France aux variations des prix du pétrole et du gaz.
Surtout, les dispositifs d’aide destinés aux ménages et aux secteurs économiques les plus exposés vont être réévalués. Les mesures déjà mises en place pour certaines professions, notamment les agriculteurs et les pêcheurs, pourront être adaptées si nécessaire.
Le dispositif destiné aux « gros rouleurs » fait également partie des mécanismes évoqués par Emmanuel Macron. Le président a indiqué qu’environ trois millions de personnes étaient concernées par cette mesure.
En revanche, il n’a pas annoncé de blocage général des prix ni de baisse immédiate des taxes sur les carburants. Ces pistes font partie du débat politique, mais Emmanuel Macron a insisté sur les contraintes pesant actuellement sur les finances publiques.
L’exécutif privilégie donc, à ce stade, une stratégie en plusieurs étapes : sécuriser les approvisionnements, agir au niveau européen et international, puis adapter les aides aux ménages et aux secteurs les plus fragiles.
Enfin, le président a appelé les Français à rester unis face aux tensions actuelles. Il estime que les conséquences des crises internationales continueront de peser sur le pays dans les prochaines semaines.
Les prochaines décisions du gouvernement seront donc particulièrement surveillées. Elles permettront surtout de savoir jusqu’où l’État compte aller pour amortir la hausse des prix de l’énergie et soutenir les Français les plus dépendants de leur véhicule.

