Depuis plusieurs années, la Suisse connaît une difficulté croissante à pourvoir certains métiers essentiels. Le pays, réputé pour sa stabilité économique et ses salaires élevés, intensifie désormais son appel aux travailleurs étrangers. Cette pénurie touche aussi bien les hôpitaux que l’hôtellerie, l’industrie, la tech et les bureaux d’ingénierie. Ainsi, la Suisse n’a jamais eu autant besoin de nouveaux talents, avec des milliers de postes à pourvoir dès maintenant.
Suisse : pourquoi 85 000 postes restent vacants en 2025 ?
Depuis 2020, la Suisse subit une pénurie de main-d’œuvre qualifiée liée au vieillissement de la population, à la hausse des départs à la retraite et à un marché du travail extrêmement dynamique.
De plus, certains secteurs, notamment la santé ou la restauration, peinent à attirer suffisamment de travailleurs locaux.
Ainsi, les autorités estiment que 85 000 postes doivent être pourvus rapidement. Et selon les projections, ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 365 000 d’ici la fin de l’année, notamment si les départs à la retraite se poursuivent au même rythme.
Pour attirer davantage de candidats, la Suisse met en avant ses salaires compétitifs : entre 3 500 € et 6 500 € par mois, selon la région et le métier. Une rémunération qui séduit déjà de nombreux travailleurs français, belges ou encore italiens.
Les métiers qui recrutent le plus en Suisse
La demande touche une grande variété de professions. Pour faciliter la recherche d’emploi, voici les métiers les plus recherchés en Suisse en ce moment :
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Médecins et personnels soignants
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Ouvriers qualifiés
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Chauffeurs (transport public et logistique)
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Informaticiens et experts en cybersécurité
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Enseignants
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Ingénieurs
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Professionnels de l’hôtellerie et de la restauration
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Techniciens de maintenance
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Commerciaux spécialisés
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Employés domestiques
Ce vaste panel montre que la Suisse recherche autant des profils très qualifiés que des travailleurs expérimentés dans l’opérationnel et les services.
En raison du vieillissement accéléré du personnel médical, un médecin sur quatre a plus de 60 ans, ce qui rend la situation urgente pour les hôpitaux et cliniques.
Salaires en Suisse : de 3 500 € à 6 500 € par mois selon les métiers
L’un des arguments les plus attractifs reste la rémunération. En Suisse, même les métiers débutants bénéficient d’un salaire élevé par rapport au reste de l’Europe.
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Métiers de la santé : 5 000 à 6 500 €
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Ingénieurs et informaticiens : 5 500 à 6 500 €
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Techniciens qualifiés : 4 500 à 5 500 €
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Cuisiniers, serveurs, hôtellerie : 3 500 à 4 500 €
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Ouvriers spécialisés : 4 000 à 5 000 €
Même si le coût de la vie est plus élevé en Suisse, ces salaires restent particulièrement attractifs, surtout pour les travailleurs frontaliers qui vivent en France et travaillent en Suisse.
Comment travailler en Suisse en habitant en France ? Le permis G
Beaucoup choisissent d’habiter en France tout en travaillant en Suisse. Cela permet de bénéficier :
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du salaire suisse,
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du coût de vie français,
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de taxes souvent plus avantageuses (selon les cantons).
Ce statut, appelé travailleur frontalier, nécessite un permis G, obtenu via l’employeur suisse. Ce permis encadre :
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l’assurance maladie,
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les allocations familiales,
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la retraite,
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l’assurance chômage,
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la fiscalité transfrontalière.
Selon la région, les impôts peuvent être prélevés en Suisse ou en France, mais globalement, la fiscalité suisse reste plus attractive.
Comment maximiser ses chances d’être recruté en Suisse ?
Pour trouver un emploi en Suisse, plusieurs étapes peuvent réellement faire la différence :
1. Postuler via des agences suisses
Beaucoup d’entreprises suisses passent par des agences de recrutement comme Adecco, Manpower ou Interiman.
Elles facilitent l’accès au marché suisse, surtout lorsqu’on postule depuis la France.
2. Parler les langues locales
Selon le canton :
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allemand ou suisse allemand,
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français,
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italien.
La maîtrise d’une langue nationale augmente fortement les chances d’embauche.
3. Respecter les codes suisses
Les recruteurs valorisent particulièrement :
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la ponctualité,
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la précision,
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la courtoisie,
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l’autonomie.
Les candidats adoptant rapidement ces standards suisses sont souvent favorisés.
4. Faire reconnaître ses diplômes
Selon les professions (santé, ingénierie, enseignement…), une validation peut être nécessaire. Certaines procédures sont simples, d’autres plus longues.
5. Montrer sa motivation et son adaptabilité
La Suisse apprécie les candidats prêts à s’intégrer durablement. L’état d’esprit est souvent aussi important que l’expérience.

