Dans l’ombre des annonces officielles, plusieurs personnalités politiques affûtent déjà leurs ambitions pour 2027. Gabriel Attal, lui, avance ses pions avec méthode.
Une stratégie déjà en marche pour 2027
Depuis son arrivée à la tête de Renaissance en décembre dernier, Gabriel Attal accélère les préparatifs pour une potentielle candidature à la présidentielle. Si rien n’est encore officiel, son entourage ne cache plus son intention de porter un projet ambitieux pour la France. En coulisses, l’ancien Premier ministre multiplie les rencontres, structure son équipe, et peaufine une feuille de route qu’il souhaite faire émerger dans les prochains mois.
Le 6 avril, à Saint-Denis, il a lancé l’opération « Deux ans pour la France ». Cet événement, organisé à la Cité du Cinéma, a réuni de nombreux militants. Plusieurs d’entre eux ont même scandé « Attal président » lors de son discours. Pour Ambroise Méjean, président des Jeunes avec Macron, cette journée a marqué une étape forte : « Le 6 avril a permis de rappeler qu’il n’y avait pas d’un côté Édouard Philippe et de l’autre un désert ».
Un programme en construction, entre rupture et continuité
Gabriel Attal veut bâtir un projet présidentiel structuré, qui repose sur une large consultation et un socle idéologique renouvelé. À l’approche de l’automne, il prévoit de dévoiler ses positions sur les sujets clés : services publics, réforme de l’État, politique étrangère, mais aussi modèle économique, écologie et souveraineté.
À lirePrésidents : retraite des anciens chefs de l’État, combien touchent-ils ?Ce travail ne signifie pas pour autant une rupture totale avec l’héritage macroniste. L’ancien ministre revendique au contraire une forme de continuité rénovée. Il estime que ses différentes fonctions gouvernementales lui ont permis de créer une relation durable avec les Français. « Lors de mes fonctions au gouvernement, je crois avoir tissé un lien avec les Français ; j’ai le sentiment que le lien est toujours là », a-t-il confié à La Tribune dimanche.
Une compétition déjà lancée dans tous les camps
Attal ne sera pas seul sur la ligne de départ. L’élection présidentielle de 2027 s’annonce déjà très disputée. À droite, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau préparent activement leur retour. Chez les écologistes, Marine Tondelier a évoqué sa disponibilité. Et dans le camp présidentiel, Édouard Philippe a déjà exprimé ses intentions.
Même Gérald Darmanin, actuel ministre de la Justice, a laissé entendre son intérêt. Dans un entretien à La Voix du Nord, il a déclaré : « Est-ce que j’en ai envie ? Oui. Est-ce que j’ai le projet ? J’y travaille. Est-ce que je suis égocentré au point de dire quoiqu’il arrive, j’y vais ? Non ». Il a cependant assuré qu’il soutiendrait le candidat le mieux placé de son camp.
Dans ce paysage, Gabriel Attal mise sur sa jeunesse, son expérience et sa capacité à incarner un renouveau crédible. L’ancien porte-parole du gouvernement, devenu ministre puis Premier ministre, compte bien capitaliser sur sa popularité croissante et son image de gestionnaire rigoureux.
Un pari risqué, mais maîtrisé
L’ambition d’Attal n’est pas sans risque. Il devra convaincre qu’il est autre chose qu’un héritier d’Emmanuel Macron. Son défi est double : rassembler son propre camp tout en séduisant au-delà de l’électorat centriste. Il lui faudra également composer avec les nombreuses figures du mouvement présidentiel qui ne comptent pas s’effacer sans combattre.
Mais pour l’instant, Gabriel Attal avance à son rythme. Il construit un discours, affine ses propositions, et soigne sa présence médiatique. S’il se déclare officiellement, il espère incarner une nouvelle génération de dirigeants français. Celle qui se revendique connectée aux réalités du pays, tout en portant un message d’unité, de responsabilité et d’efficacité.

