Invité à s’exprimer sur le racisme en France, Mathieu Kassovitz a relancé une polémique qui ne cesse de diviser.
Une déclaration assumée sur l’identité française
Sur le plateau de l’émission C à vous, diffusée depuis la Côte d’Azur pendant le Festival de Cannes, Mathieu Kassovitz s’est exprimé avec franchise sur les tensions liées à l’immigration et à l’identité nationale. Interrogé sur le racisme, il a affirmé : « C’est le problème qu’on a en France, qu’on trimbale depuis très longtemps. » Avant d’ajouter une phrase qui a enflammé les réseaux : « Il n’y a plus de Français de souche, ça n’existe plus. »
Selon le réalisateur de La Haine, cette disparition de la notion de souche serait un progrès. Il invite à « continuer à se mélanger » pour bâtir une société plus ouverte. Kassovitz voit dans cette diversité « une force » qui fait de la France un pays riche de ses différences.
Une vision applaudie… et vivement critiquée
Comme souvent avec Mathieu Kassovitz, les réactions ont été immédiates et contrastées. D’un côté, des internautes saluent un discours courageux. Pour eux, l’acteur incarne une vision moderne de la société française. Il met en avant l’intégration, le métissage et l’héritage pluriel d’un pays façonné par l’histoire.
À lireCécilia Attias critiquée : pendant que certains peinent à boucler les fins de mois, elle s’en prend aux femmes voiléesDe l’autre, les critiques fusent. Sur X (ex-Twitter), certains lui reprochent un discours qu’ils jugent anti-national. On peut lire : « Kassovitz veut supprimer la France » ou encore « Ces propos sont une insulte à nos racines ». Plusieurs messages revendiquent fièrement une origine « 100 % française », comme pour réfuter l’idée d’une France sans souche.
Une phrase dans la lignée de son engagement
Ce n’est pas la première fois que Mathieu Kassovitz provoque avec ses prises de position. Depuis des années, il dénonce les discriminations, les violences policières ou les inégalités sociales. Le film La Haine, devenu culte, portait déjà un message politique fort sur la fracture sociale et raciale.
En défendant une société sans « souche », il prolonge ce discours. Il assume un idéal républicain basé sur l’égalité et la mixité. Pour lui, ce sont ces valeurs qui fondent l’identité française, et non une origine génétique ou historique.
Mais ce discours, bien qu’applaudi par certains, est rejeté par d’autres comme étant trop radical. Des internautes rappellent également les origines de l’acteur, citant les propos de son père, Peter Kassovitz, d’origine hongroise. Certains ironisent sur la légitimité de son message en fonction de ses origines personnelles.
Un débat révélateur d’un malaise persistant
Cette sortie médiatique montre à quel point la question de l’identité reste sensible en France. Le terme « Français de souche », bien que flou, continue à susciter de nombreuses crispations. Pour certains, il représente un repère culturel et historique. Pour d’autres, il alimente une idéologie excluante, incompatible avec la réalité d’un pays multiculturel.
Le cas Kassovitz illustre le décalage entre deux visions de la France : l’une fondée sur l’ouverture, l’autre sur la préservation d’une supposée identité ancestrale. Ce débat, relancé à chaque déclaration choc, traduit un clivage profond dans la société française. Et à l’heure où les tensions politiques s’exacerbent, ces prises de position publiques deviennent des marqueurs idéologiques puissants.

