On pense souvent qu’il faut être jeune, riche et expérimenté pour construire sa propre maison. Elizabeth a prouvé le contraire, seule, avec peu de moyens.
Une maison née d’un rêve… et d’un besoin d’autonomie
En 2013, Elizabeth Faure vivait modestement en Dordogne. À 65 ans, elle percevait le RSA, n’avait jamais été riche, mais possédait une détermination hors du commun. Son rêve ? Avoir un toit à elle, construit de ses propres mains, avec peu de moyens mais beaucoup de volonté.
Inspirée par un reportage sur des cabanes pour SDF, elle s’est dit qu’il devait être possible de faire mieux. Pour elle, pas question de vivre dans la misère. Elle a donc décidé de bâtir une maison en forme de A, une structure simple, stable et économique. Elle a acheté un terrain à Lusignac, a pris sa pelleteuse, son marteau-piqueur, et s’est lancée, seule, malgré les critiques.
Un chantier difficile, mais une expérience enrichissante
Les premiers mois ont été physiques et éprouvants. Sous la pluie, Elizabeth a creusé ses fondations, posé sa fosse septique, monté la structure bois. Elle a dû ruser pour manipuler les charges lourdes, mobiliser des amis pour lever les poutres, et s’adapter à chaque difficulté. Pourtant, elle ne s’est jamais arrêtée.
À lireServiettes de bain : cette bande que tout le monde ignore a en réalité une vraie utilitéEn un an et demi, la maison était habitable. Avec 180 m², deux étages, un jardin luxuriant, une terrasse et une isolation bien pensée, cette maison à 40 000 € n’avait rien à envier aux constructions classiques. À l’intérieur, tout a été pensé pour rester simple, récupéré, pratique. Même une balançoire trône dans le salon. Le mot d’ordre : autonomie, sobriété, liberté.
Un projet féministe, accessible et contagieux
Construire seule sa maison, à 65 ans, sans formation, c’est aussi une réponse politique. Elizabeth n’a jamais eu peur de s’affirmer comme une femme dans un univers masculin. Elle explique d’ailleurs préférer travailler avec des femmes. La plupart de ses collaboratrices sont devenues des amies proches.
Sa démarche a fait des émules. Après la sortie du documentaire La Maison en A, réalisé par Morgane Launay, des milliers de personnes sont venues la voir. Une chaîne YouTube a vu le jour, avec des tutoriels détaillés. Aujourd’hui, plus de 100 maisons en A ont été construites grâce à son exemple. En France, mais aussi à l’étranger.
Une philosophie de vie bien plus qu’un simple chantier
Pour Elizabeth, ce projet est bien plus qu’une construction. Il s’agit d’un acte d’indépendance, de résilience et de partage. Elle n’a jamais cherché à faire de l’argent. Malgré le succès de ses vidéos vues par des millions de personnes, elle n’a rien monétisé. Sa seule satisfaction : avoir montré que construire sa maison est à la portée de tous, même avec peu de ressources.
Aujourd’hui encore, elle continue de transmettre, d’aider, d’inspirer. En Dordogne, plusieurs habitants ont suivi son exemple. Elle rêve désormais de toucher les plus jeunes, avec une bande dessinée en préparation pour apprendre aux petites filles qu’elles peuvent elles aussi bâtir leur avenir… et leur maison.

