Les cas de cancer de la peau explosent en France. Pourtant, une détection précoce reste le meilleur moyen d’en sortir indemne.
Le nombre de cancers de la peau explose en France
Chaque année, plus de 140 000 cancers cutanés sont diagnostiqués en France. Et la tendance est inquiétante : ce chiffre a triplé en à peine trois décennies. Parmi ces cas, les carcinomes cutanés représentent 90 % des diagnostics, tandis que les mélanomes, plus rares mais bien plus dangereux, poursuivent leur progression. En 2023, près de 18 000 cas de mélanomes ont été recensés, avec près de 2 000 décès.
Face à cette évolution, les dermatologues tirent la sonnette d’alarme. À l’occasion de la 28e Semaine de sensibilisation au dépistage des cancers de la peau (du 2 au 8 juin 2025), le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) insiste sur un point : il est urgent que les Français consultent sans tarder lorsqu’ils constatent une lésion suspecte sur leur peau.
Des signes visibles… mais souvent ignorés
Un grain de beauté qui change de forme, une tache pigmentaire qui s’étend, un bouton qui ne cicatrise pas… Tous ces signes doivent alerter. Pourtant, une majorité de Français n’adoptent pas les bons réflexes. Seulement 21 % se rendent directement chez un dermatologue en cas de doute, et 12 % ne font tout simplement rien. Certains tentent même de se soigner seuls avec des produits achetés en pharmacie.
À lireCancer colorectal : ces signes discrets à tout âge que les médecins vous demandent de ne jamais ignorerCette négligence est particulièrement marquée chez les moins de 35 ans, qui privilégient les conseils de proches ou d’internet. Le manque de réactivité peut pourtant être fatal. Un mélanome diagnostiqué à un stade localisé offre 98 % de chances de survie à 5 ans. Mais ce taux chute à 15 % si le cancer s’est déjà propagé.
L’auto-surveillance : un geste simple qui peut sauver la peau
Pour détecter un cancer de la peau à temps, un réflexe essentiel est à adopter : l’auto-examen régulier. Il suffit d’observer sa peau tous les trois mois, en surveillant l’évolution des grains de beauté, des taches ou de toute anomalie. Ce geste simple reste trop rare : seuls 4 Français sur 10 s’y prêtent au moins une fois par an.
Les zones à surveiller incluent le cuir chevelu, les oreilles, les espaces entre les doigts, la plante des pieds ou encore les organes génitaux. Pour faciliter l’examen, la règle ABCDE est très utile :
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A comme Asymétrie
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B pour Bords irréguliers
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C pour Couleur inhomogène
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D pour Diamètre supérieur à 6 mm
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E pour Évolution dans le temps
Un seul de ces critères doit suffire à consulter sans délai. Un dermatologue utilisera un dermatoscope pour observer la peau de manière approfondie et établir un diagnostic fiable.
Se protéger du soleil : un enjeu encore trop négligé
Le principal facteur de risque reste l’exposition aux rayons UV. Environ 70 % des mélanomes sont causés par des expositions solaires répétées, notamment durant l’enfance. Pourtant, les gestes de protection solaire sont encore trop souvent oubliés.
Selon le SNDV, 81 % des Français craignent le cancer de la peau, mais beaucoup continuent à s’exposer sans protection. L’idée d’un bronzage « progressif » ou « sain » persiste, malgré les mises en garde des experts. Or, aucune exposition UV n’est sans danger, même en dehors des heures les plus chaudes.
Adopter une attitude responsable passe par des gestes simples : porter des vêtements couvrants, appliquer régulièrement de la crème solaire à indice élevé, privilégier l’ombre et éviter les cabines à UV. Ce sont ces habitudes répétées qui feront la différence sur le long terme.

