Avec l’âge, la conduite devient plus délicate : les réflexes s’amenuisent, la vision se dégrade et la concentration faiblit. Vu les risques, certains élus appellent à la mise en place de contrôles obligatoires, tandis que d’autres défendent le permis de conduire à vie. En France, la question divise, comme à l’échelle européenne où les avis divergent.
Permis de conduire à vie : un examen médical ?
Dans l’Union européenne, plus de 20 000 victimes perdent la vie tous les ans sur les routes. En parallèle, plus de 160 000 personnes subissent des blessures graves. Pour rappel, en France, comme dans toute l’UE, le permis de conduire reste valable à vie.
Pourtant, d’après les données de la Sécurité routière, les conducteurs de plus de 75 ans commettent aussi des accidents. Ils participent autant aux accidents que les jeunes âgés de 18 à 24 ans. L’Europe a déjà abordé ce sujet à une échelle plus large.
Or, le Parlement européen a rejeté la proposition d’imposer une visite médicale tous les 15 ans. Celle-ci devait s’appliquer dès l’obtention du permis. Cette initiative visait à diminuer de moitié les morts et blessures sur les routes d’ici 2030.
L’objectif étant de tendre vers zéro décès d’ici 2050. Karima Delli, fervente défenseuse de ce dispositif, a expliqué que l’intention n’était pas de compliquer l’octroi du permis de conduire. En réalité, le but était de tester la vue, l’ouïe et les réflexes de tous.
À lire65, 75, 80 ans : jusqu’à quel âge peut-on vraiment conduire en toute légalitéCependant, 323 députés ont rejeté la mesure contre 270. Toutefois, les députés ont approuvé une alternative. Désormais, les conducteurs devront évaluer eux-mêmes leur aptitude à conduire lors de la délivrance ou du renouvellement de leur permis.
Ainsi, le permis à vie reste la norme en France et en Europe. Cela dit, les membres de l’UE ont la liberté de légiférer sur cette question en interne. En revanche, les États membres de l’UE peuvent choisir de remplacer l’auto-évaluation par un examen médical du permis de conduire.
Ce contrôle médical inclut au minimum la vue et les conditions cardiovasculaires.
Des mesures plus strictes dans d’autres pays ?
En France, la situation est sans équivoque. Clément Beaune, alors ministre des Transports, a rapidement rejeté un projet de loi en la matière. En effet, celui-ci visait à imposer une visite médicale régulière pour les seniors. Depuis, rien n’a changé.
A contrario, certains pays de l’Union ont choisi des mesures plus sévères. Par exemple, ces derniers exigent des visites médicales destinées à évaluer l’aptitude physique et mentale des conducteurs. D’ailleurs, 14 États appliquent déjà cette règle.
En Italie, les conducteurs doivent passer un examen médical à 50 ans pour garder leur permis de conduire. En Espagne, en République Tchèque et en Grèce, cette obligation commence à 65 ans. La Finlande et le Danemark repoussent cette limite à 70 ans, tandis que les Pays-Bas l’établissent à 75 ans.
À lireNouvelle réforme du permis de conduire : ce qui inquiète particulièrement les seniorsLe Portugal se montre le plus rigoureux. En effet, les conducteurs portugais doivent se soumettre à des examens à 40 ans, puis à 50 et 65. À partir de 75 ans, ils reviennent tous les deux ans. En Lituanie, en Hongrie et en Belgique, le permis n’est valide que pour dix ans. Sa reconduction requiert un certificat d’aptitude.
Cependant, tous les autres pays de l’UE suivent le modèle français. Leur permis de conduire reste valide à vie, à condition de ne pas perdre tous ses points. Face à l’absence d’une législation stricte, la responsabilité individuelle devient primordiale.
Ainsi, les experts encouragent vivement des stages de révision ou des bilans de santé réguliers. Cela concerne surtout les examens de la vue, même s’ils ne sont pas obligatoires.

